Citation du Mois

" La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse; la vieillesse est le temps de la pratiquer."
Rousseau

Rechercher dans ce blog

mercredi 21 décembre 2016

Histoire Littéraire - Moyen Age

Le Moyen Âge


A quel temps juge-t-on le Moyen Âge ?

Début: IXe
842 → Serments de Strasbourg = 1er texte juridique en langue fr

–        L’expression de ''Moyen Age'' = Humanistes
→ idée évolutionniste redécouvert par les romantiques au XIXe
Ceux-ci donnent de la valeur à la littérature médiévale
–        Naissance de la littérature française → naissance de la langue française (vulgaire)
Opposé à la langue latine utilisée par les savants/l'élite
–        Moyen Age = période changeante → en perpétuel mouvement
–        Culture Orale due à la faible alphabétisation (peu de livres)
Lecture et Écriture réservé à la noblesse et surtout au clerc.


I] L’Évolution du genre Épique

                        A. Raconter la Vie des Saints

•         La Cantilène de Sainte Eulalie

1)      Présentation et analyse du texte
–        Jeune fille présentée comme modèle de vertu chrétienne
→ positionne le lecteur, sensibilise
–        « Ennemis de Dieu » = périphrase (employer une expression/tournure de phrase pour désigner quelqu'un ou quelque chose)
→ pluralité afin d'engendrer une compassion.
–        Image d'une jeune fille forte/résistance, elle résiste à la promesse de biens matériels/terrestres
–        Récit du martyr → apparition du merveilleux chrétien
2 miracles : échappe aux flammes et se change en colombe

=> Diffuse un enseignement chrétien
+ fournit des modèles de vertu, des exemples
+ vise à rassurer en temps de trouble

2)      Naissance de la langue Française/ tonalité religieuse
→ hypothèse d'une chanson/procession religieuse
- Le texte français n'est pas la traduction du texte latin → création
- La langue française s'émancipe
- 1er poème en langue français
- La traduction en fr. permit alors une meilleure diffusion (!)
- Récit Hagiographique (qui raconte la vie des saints sans zone d'ombre)

·         La Vie de Saint Alexis

1)      Analyse
–        présence de strophe/couplet
–        texte prescriptif
*aimer Dieu plus que sa famille
*pêché de gourmandise
*charité
*pardon
*vivre uniquement pour Dieu
            [Sacrifice d'une vie terrestre à sa foi] → rappel la vie d'un Homme d'église

–        Énonciation à la 1ere personne
–        Voix de la femme ~ plaintive/lyrique lamentation
–        Voix surplombante
–        Morale → fin heureuse dans l'au-delà

2)      Contexte
Beaucoup de réécriture et de relecture de ce texte = très connu
''Corpus Saint Alexiens''

=> poème très structuré en couplets (laisses)
Texte + sensibilité → voix de la femme
Modèle d'enseignement de la vertu chrétienne
            Hypothèse : à destination des moines

                        B. La Chanson de Geste

Thèmes abordés : guerre, religion, politique ...
Structure en laisses = couplets de longueur inégale

•         Chanson de Roland (~1000)

→ exploits de Roland, neveu de Charlemagne, en 778
(Distance historique entre rédaction/narration)
→ transfiguration des événements historiques
Personnages :
–        Roland
–        Olivier (ami de Roland)
–        Charlemagne
–        Gamelon

1ère Scène du Cor = scène avant la bataille
–        Olivier veut demander de l'aide → sage/ possède la vision
Roland refuse l'aide qu'il considère comme un déshonneur → fier/valeur guerrière (Son épée = Durendal)
–        Armée ennemie ‘'brille'' (en nombre) / Armée FR de Roland plutôt pauvre
→ dramatisation de la situation, rythme accéléré du texte
–        Figure de Gamelon = traître

2ème Scène du Cor = Après la Bataille
Inversion des rôles
→ Roland ''les deux bras sanglant'' veut appeler de l'aide MAIS Olivier refuse

La Mort de Roland
–        Rythme lent/doux     pause narrative/descriptive → mort du héro
–        Instant religieux (confessions des pêchés, discours solennel, présence des anges, prières..)
Croisement : Verticalité (céleste) – Horizontalité (terrestre)


II] Le Lyrisme au début du Moyen Age

            A. Le Lyrisme Courtois : Troubadours & Trouvères

 ''le grand chant courtois'' _ Roger Dragonetti

Le lyrisme courtois s'invente en Langue d'Oc (Sud de la France) XIe-XIIIe
→ lié aux Troubadours (= compositeurs)
Apparition d'une figure auctoriale (figure du poète)
Texte lié à un nom

•         Guillaume IX d'Aquitaine, compte de Poitiers, le 1er des Troubadours

Poète noble → figure auctoriale lié à la noblesse et donc à la cours/à la courtoisie

Canzo = chanson
Musicalité par la présence de rimes assonancés
Poésie accompagnée d'une partition
Courtoisie = art d'aimer
Thème : Amour au miroir de la nature
Énonciation :
–        un « je » qui s'exprime, qui n'a pas beaucoup d'épaisseur, présent par convention et pour permettre l'expression des sentiments
→ la personne aimée apparaît très éloignée

            Énigme
Mis en regard avec le poème précédent → montre la quête de la forme juste
Thème : amour lointain
Énonciation :
–        « Je » de papier et de poésie, sans épaisseur toujours
–        Volonté de laisser le lecteur s'identifier grâce aux « Je »
(!) Art réservé à l'élite aristocratique

•         Jaufre Rudel , Bernard de Ventadour, Thibaut de Champagne

Univers Noble et de cour.
–        Rudel (p24)                Titres qui font écho à la chanson et à l'art musical
Chez les 3 auteurs
Thèmes : l'amour mis au regard de la nature (fleur, licorne...)
Énonciation : « Je » qui exprime un amour éloigné, ou contrarié. Une souffrance amoureuse.

Qu'est-ce que le grand chant courtois ?
–        Expression forgée par Roger Dragonetti
–        Epoque (XIe-XIIIe)
–        Une poésie lyrique musicale dont la forme type est la chanson (Canzo)
–        Créateur du grand chant courtois = troubadours
–        Thèmes évoqués : amour/nature, souffrance amoureuse
–        Énonciation : un « je » sans épaisseur (sans dimension autobiographique), création poétique

            B. Le Lyrisme non Courtois

–        Dénomination générique
–        Se développe au Nord de la France: langue d'oïl
→ transpositions, transformations des formes
–        XIe – XIIIe toujours
–        Lyrisme + populaire dans sa réception

La Chanson de Toile (tissu)
→ univers féminin
Discours qui prend le point de vue de la femme sur l'amour.
–        Structure dialoguée                                  ] 
–        Présence d'un refrain ''Belle Yolande''      ]  Circularité
–        Décasyllabes assonancées

La Chanson d'Aube
= chanson dialoguée à plusieurs pers., 2 amants qui se séparent au cri du guetteur qui annonce le jour
→ lieu commun (topos = lieu en grec)
→ structure dialoguée très marquée par l'italique

La Fatrasie
= le fatras (désordre)
Propos décousus + la resverie

Le Rondeau
= poème de forme circulaire
→ destiné à la ronde
→ prend la forme d'une petite scène dramatique où se retrouvent des thèmes lyriques
→ présence de refrain, reprise de vers créant l'effet de circularité
Thèmes : Amour
Énonciation : « je »

La Chanson de Rencontre Amoureuse
→ narre la rencontre amoureuse

C.     Le Lyrisme personnel

Le Genredes Conges

–        Hélinand de Froidman = Vers de la mort
→ autre thème que celui de l'amour
« je »
→ volonté d'émouvoir

–        Rutebeuf (fin XIIIe) = représentant du lyrisme personnel
            (poète satirique de la société et de ses représentants)
→ le « jeu » prend une épaisseur biographique
→ Lyrisme bourgeois: raconte les mœurs de son temps
→ chante des sentiments intimes
→ parle de sa pauvreté (préfigure les poètes maudits)


III] Le Lyrisme de la Fin du Moyen Age (XIVe-XVe)

=> La poésie se détache de la partition

            A. Guillaume de Machaut (1300-1377)

= invente des formes nouvelles, les fixer, travailler sur les rythmes et les rimes
Le Livre de Voir-Dit : 9000 vers
hétérogène = mêle différentes formes (ballades, roudeaux)
–        Balade de l'amant avec chant
→ forme de 3 à 5 strophes de longueur variable terminés par un refrain
« Le grand désir que j'ai de vous voir »

Eustache Deschamps & Alain Chartier = disciples de Machaut

            B. Christine de Pizan (1364-1431)

→ auteur prolixe (=qui a beaucoup écrit)
Les Cent Balades
–        structure très organisé
–        refrain verticale et horizontale « Seulete suy sanz ami demourée »
–        Envoi = adresse finale du poème

C. Charles d'Orléans (1394-1465)

1415 = Bataille d'Azincourt
            → 25 ans prisonnier (prison confortable)
–        Ballades et des Rondeaux
(!) Présent dans le Panthéon Litt. parce que c'est un poète national (a écrit sur l'amour de la patrie)
–        Nonchaloir = état mélancolique

            D. François Villon (1432- ap.1463)

→ A surtout écrit des Ballades
Ballades des Dames de temps jadis
''ubi sunt'' = où sont ? → regret du passé, lamentation du temps présent
Le Testament

IV] Le Roman au Moyen Age 

         A. Le Roman Antique en Vers

12e siècle: utilisation de la matière ''antique'' pour écrire des romans
–        utilisent des textes de seconde main (réécriture) pour adapter des histoires légués par l'antiquité.
–        recours à l'anachronisme (=contre le temps) en transposant l'histoire antique au miroir de la société médiévale.
–        Recours à la narration, à la description. Explorer les sentiments de leurs pers.

1)      Benoît de Sainte Maure, Le Roman de Troie (~1160)

Prologue

–        L'auteur met le savoir au cœur du roman et insiste sur sa fonction didactique (enseignement).
→ permet de sortir le savoir d'un cercle élitiste
–        Opposition Langue vulgaire/Langue Savante → Peuple/Les Clercs, la Noblesse

=> Beaucoup de manuscrit et de transcription attestent ce succès, transcription d'un savoir laïque et historique.

La Chambre des Beautés, Séquence descriptive

Fonction esthétique :
–        Écriture accumulative → richesse, abondance
–        Rivalité arts picturaux/texte
–        Ekphrasis = décrire une œuvre d'art
–        Figure de Prétérition = exposer sa virtuosité d'écrivain, modestie

→ Fonction de pause par rapport à l'action.

            B. Le Roman inspiré de la Matière de Bretagne

Aire géographique : espace des Plantagenêt (Normandie, Sud-Ouest)

Problématique :
–        Oralité des contes et légendes celtiques fixée dans l'écrit
–        Christianisation de ces légendes
–        Geoffroy de Moumouth : Historia regnum britanniae
→ langue latine/savante
(!) transposition en langue romane → vulgarisation

1)      Chrétien de Troyes fin du XIIe
On connaît peu sur sa vie → on le connaît par ses œuvres
On suppose sa mort par une œuvre inachevé vers 1190
Yvavin ou le Chevalier
Peruval
Prologue d'Erec et Enide (1170)
= Roman initiatique
            Qu'est-ce qu'être un chevalier ? Quels sont ses devoirs ? Quelle place accorder à l'amour ?
De Cligès (1176)
Et Le Chevalier de la Charette (1178)

–        Une Matière: orale, livres, ou par une tiers personne
–        « Une mout bele conjointure » = une fort belle Composition
–        Un Effet d'Annonce pour le récit à venir
–        Posture d'Auteur : hiérarchie entre oralité/écrit
→ l'écriture permet le passage à la postérité, de fixer la mémoire.
Thèmes qui reviennent :
*les personnages : Arthur, Perceval, Gauvain, Lancelot, Guenièvre
*fonction initiatique armes/amour
*merveille (éléments fantastiques)

2)      Le mythe de Tristan et Iseult
Plusieurs versions du mythe (XIIe)
–        Béroul
–        Thomas
–        Marie de France _ Loi du Chèvre feuille
XIIIe et XIVe : anonyme
→ un mythe qui féconde et qui travaille le roman
Mythe = laboratoire pour l'écriture romanesque
*roman d'adultère – roman français
*roman de la fatalité
*couple des amants maudits

C.    Les Fables et Les Fabliaux

Fabula = récit, l'histoire

1)      Le Roman de Renart
goupil = ancien mot pour ''Renard'' →  influence de la littérature sur le langage
–        Corpus hétérogène divisé en plusieurs branches (25 à 27) et de plusieurs mains
–        Mise en scène de Renart qui est un animal doué de caractéristiques humaines (parole)
→ anthropomorphisme
–        Personnage polymorphe
→ visée satirique, se moque des mœurs médiévalles
→ registre bas

2)      Le Fabliau
= genre narratif bref. (250 vers → 1000 vers)
→ trivial
–        raconte les aventures de personnages issus de basses classes de la société
–        récit organisé autour d'un malentendu ou d'un quiproquo
–        ne dépasse pas le XIVe siècle
La Vieille Truande (p66-67)

            D. Le Roman Allégorique

Allégorie = Figure visant à exprimer une abstraction sous les traits d'un personnage
ex: La Beauté → « mis sous l'antonomase »
Le Roman de la Rose (XIIIe)

Guillaume de Lorris
–        Traité de l'amour et de la courtoisie
–        Allégories que l'on prête à l'être aimé ou que l'on recherche

Jean de Meun
→ Il pare le récit d'une réflexion philosophique (culte de la Nature)

XVe : Querelle du Roman de la Rose entre visions d'admirateurs de Guillaume/de Jean

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire