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" La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse; la vieillesse est le temps de la pratiquer."
Rousseau

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mercredi 21 décembre 2016

Français Moderne - Plans D'énonciation



Les Plans d’énonciation


Une narration = une histoire, un récit structuré, normalement relatif au passé, qui avance dans le temps d'un début vers une fin avec des événements qui mettent en jeu des protagonistes (typiquement des humains)

Le narrateur va donc classer les textes et toutes les productions de langage en 2 grands groupes
–      Le récit historique
–      Le discours

I] Narration coupée de l’énonciateur : Énonciation coupée (Historique)

La terminologie de Benveniste va entrer en terminaison avec beaucoup de notion tel que le présent historique. Le récit historique ou narration coupé de l'énonciateur, on peut le définir comme un récit d'un ou d'une série d’événement raconté sans qu'il soit fait référence à l'énonciateur.
On trouve ce type de narration dans beaucoup roman/nouvelle/récit à la 3e personne
→ Dans ce mode narratif, l'énonciateur disparaît de ce qu'il raconte.

Présent de narration
Forme adverbiale (CCL CCT absolu ou anaphorique)
Pas de ''je, tu, mon ton'' → uniquement 3e personne

Basé sur le passé simple
Le 2nd plan = imparfait, plus que parfait
Hybridation : une partie en récit historique et une autre en énonciation encré

L'énonciation coupée = énonciation qui prend une distance par rapport à sa propre énonciation (à la situation d'énonciation)

II] Narration lié à l’énonciateur encré : Discours

= Construite autour de repère déictique, utilisé dans certain type de narration ou discours médiatique, discours rapporté direct, chat et dans beaucoup de situation orale, examen.
→ Dans ce type, tous les temps sont possibles à l'exception du passé simple
Le passé composé va pouvoir être utilisé avec l'imparfait pour décrire toutes situations de second plan. On peut trouver des présents à valeur de l'énonciation ou d'actualité ; des indicateurs de temps et de lieux. (Présence de marqueurs déictique) On trouve également dans ce type de discours des traces de subjectivité représenté par des exclamations, des marqueurs appréciatifs, des prises de position …

Valeur narrative du passé simple = avancer le récit
C’est un temps de référence
→ ces verbes au passé simple sont les repères temporels du récit
Ils fonctionnent comme le T0 de ce monde fictif

Imparfait = décrit les événements de second plan, il marque la simultanéité, ceux qui peuvent se produire en même temps que d'autres. C’est un temps à cheval sur les deux systèmes narratifs.
Valeur descriptive



Systèmes Narratifs
Discours
Énonciation Historique
Temps
Tous les temps sauf le Passé simple
Imparfait
Passé simple, Passé antérieur, Plus-que-parfait.
Imparfait
Pronoms
La 1e et la 2e personne sont utilisées
La 3e Personne est dominante
Indicateurs de Lieu et de Temps
Repérage par rapport à la situation.
Repérage par rapport à des évènements internes à l’histoire.
Engagement de l’émetteur
Prise de Position.
L’émetteur s’efface.

Français Moderne - Discours Rapporté

Le Discours Rapporté

Si tout discours a un énonciateur, un récepteur, un temps et un lieu d’énonciation, et qu’il est donc de ce fait absurde de parler de texte sans énonciateur, en revanche certains discours vont se représenter comme sans énonciateur, sans récepteur, ou à l’inverse, manifester intensément les protagonistes de l’énonciation. Certains discours vont tendre à une abolition de la représentation du temps, là où d’autres accumuleront les repérages déictiques par temps de verbes et circonstants.

Polyphonie = plusieurs sons littéralement → représentation de plusieurs voix au cœur des discours du monde contemporain

·         Discours direct est censé
–      Rapporté fidèlement les paroles ou les pensées d'autrui ou de soi-même lorsqu'elles ont été ou seront prononcés à un moment autre que celui de l'énonciation
 Je lui ai dit textuellement ceci : « Tu es un crétin »
–      Introduit par un verbe de parole comme dire, annoncer … mais il est possible qu'il soit introduit par des substantifs j'entendis ces mots : « ...
Le discours cité est marqué par une pause, par deux points
Les guillemets souligne la particularité des mots qu'ils encadrent
*Phénomène Particulier : le repère énonciatif change en cours d'énoncé
→ hétérogénéité fondamentale
Il m'a annoncé son mariage en ces termes : « Je me range »
L'énonciateur du discours citant n'est plus le même que le discours cité
[C'est le seul cas où on peut citer un discours en langue étrangère]
Discours Direct Libre

·         Discours indirect rétabli le fonctionnement habituel de la langue en plaçant tout l'énoncé rapporté sous la responsabilité d'un énonciateur unique grâce à la subordination il se caractérise en effet par la présence d'un terme de parole suivi de que lorsqu'il s'agit d'un verbe ou si lorsqu'il s'agit d'une question ou d'un adverbe, déterminant/pronom interrogatif, exclamatif.
Contrairement au discours direct, les pronoms de personne se rapporte au seul je énonciateur.
L'énonciateur constitue le repère fondamental par rapport auquel se situe les verbes ou le verbe de l'énoncé rapporté. (Les pronoms les modes et les temps vont différents de ceux qui sont utilisé au discours direct)
=> C'est un mode de discours rapporté qui consiste en une reformulation de ce qui a été réellement prononcé



Discours Direct
Discours Indirect
Ponctuation
:      « … »

Suppression des guillemets et des deux points
Mise en page
Retour à la ligne et tirets
Pas de retour à la ligne, pas de tiret
Verbes de Parole
Placé avant, ou au milieu des paroles rapportées
Introduit les paroles rapportées
Marques de Personne
Je, tu, il, nous, vous, me, te ...etc
il(s), elle(s), sa, son, leur, me, te.. etc
Temps Verbaux
Présent de l’indicatif
Tout les temps de l'indicatif
Temps de l'indicatif (conditionnel) subjonctif

·         Discours indirect libre rapporte des paroles en conservant la ponctuation expressive du discours direct tout en les intégrant au récit en cours en employant les temps et les pronoms utilisés dans le récit.
C'était fabuleux ! Elle participera elle aussi à ce tournoi tant convoité, elle aurait elle aussi sa place.
Il cumule des marques formelles du discours direct et du discours indirect
→ il ne peut être définis que par rapport à lui-même
Ce ne sont pas toujours des paroles qui sont rapportées, cela peut être des pensées ou un monologue intérieur = Represented Speech and Thought                   

Français Moderne - Les Valeurs du Présent


Les Valeurs du présent


Le présent est un temps en relation avec le moment présent de celui qui parle → simultanéité.
Ce temps est donc lié au moment où l’on prend la parole, où l’on écrit, ce qui est en train de s’effectuer.
Mais le présent peut marquer n’importe quel moment. Il peut exprimer un passé (« Je sors à l’instant ») ou un futur (« Demain, je pars »).
Le présent peut même couvrir une grande période englobant le passé et le futur, et donc affirmer des choses qui ont toujours été vraies et qui le seront toujours : « Le soleil se lève à l’est ».
On retiendra donc principalement trois valeurs : le présent d’énonciation, le présent de narration et le présent de vérité générale.
  • ·         Le présent d’énonciation
Utilisé pour exprimer un événement ou un état de chose qui a lieu au moment où l’on parle.
Si je dis « Je lis un cours de français », le présent est utilisé pour dire ce que je fais ici et maintenant. C'est donc un présent d'énonciation.
  • ·         Le présent de narration
Il s’utilise avec d’autres temps du passé (imparfait, plus-que-parfait, passé simple...). Il donne l’illusion que des faits passés appartiennent au présent, comme s’ils se déroulaient ici et maintenant. Il crée alors un effet d’accélération ou de rapidité. L’effet dramatique est renforcé :
« Renart franchissait alors les haies ; mais les vilains l’entendirent tomber de l’autre côté et tout le monde se mit à sa poursuite. Constant Desnois lâche Mauvoisin, son gros dogue. On retrouve la piste, on l’approche, on va l’atteindre. »
  • ·         Le présent de vérité générale
Il s’utilise pour exprimer une vérité, un fait vrai de tout temps. C’est le présent des maximes, des proverbes ou des moralités :
« La vérité est comme le soleil. Elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder. » (Victor Hugo)
Qui se ressemble s’assemble.
« La raison du plus fort est toujours la meilleure » (Jean de La Fontaine)

Français Moderne - Référence Absolue


Référence Absolue


Les modes de référenciation représentent les divers modes par lesquels on peut référer, plus précisément co-référer, c’est-à-dire s’entendre par la mise en œuvre de système de repérage (ce dont on parle)

·         Absolus = indépendante, de situation d’énonciation et du contexte linguistique
è C’est-à-dire d’éléments fournis antérieurement sur la chaîne
Elles passent par la catégorie des noms propres, désignateurs individuels et par des systèmes de repérages de coordonnées construits culturellement comme celui des numéros de sécurité sociale, fondés sur un fonctionnement administratif, celui des dates, supposant la fixation d’un point origine (naissance supposée de Jésus…)

·         Déictique = fonctionne par rapport à l’acte dénonciation et ses divers éléments constitutifs pris comme points origines pour le repérage. Ces référenciations identifient telle personne dont il est question, relativement aux personnes qui parlent, le moment dont parle l’énoncé relativement au moment où cet énoncé est dit, et le lieu dont parle l’énoncé relativement au lieu où cet énoncé est dit.

·         Anaphorique (ou contextuelle) = s’effectue par rapport à un élément linguistique, présent antérieurement sur la chaîne discursive, dans le contexte avant, et non directement par rapport à la personne qui parle ou qui écrit au moment de l’énonciation et au lieu d’énonciation.

C’est donc l’ensemble des faits de référenciation qui manifeste le fonctionnement de centre de référence interne qui est celui de l’acte d’énonciation passant par cet ensemble de signes appelés déictiques ou embrayeurs.

Champs
Personnel
Temporel
Spatial
Absolu
Brigitte Bardot, l’individu dont le numéro de Sécu est 2.38.07…
Le 16 Juin 1646
Léa Coquin, née le 8 août 1987
Oslo, Madagascar, par 130 de lattitude Nord et 5° de longitude ouest
Déictique
Moi, toi, ma fille, ton père, …
Aujourd’hui, il y a 300 ans, dans deux jours
Ici, à 3 km d’ici
Anaphorique
Son fil, elle
Quelques jours avant, à cette époque là
3 km avant, cet endroit-là

*On appelle marques déictiques ces mots dont le référent change en fonction de l’énonciateur, de lieu d’énonciation et du moment d’énonciation. C’est un mot dérivé de deixis, mot emprunté tel quel au grec ancien où il signifiait action de montrer, désignation.

I] Dans le champs Personnel

è Hétérogénéité des pronoms
JE & TU désignent directement les deux protagonistes de l’énonciation, ils fonctionnent comme des noms propres disponibles pour tout acte d’énonciation. Ils ne sont associés à aucun mécanisme de substitution.
Au contraire, IL ELLE est bien
-          Un pronom remplaçant un groupe nominal présent ailleurs sur la chaîne contextuelle
-          N’est pas personnel, renvoyant par ce mécanisme de substitution, à n’importe quel groupe nominal.

è Traces morphologiques de l'opposition personnes 1 -je et 2 -tu d'un côté et non-personne 3 -il/elle

Dans des textes écrits et dans des dialogues on a besoin d'informations.


Pronom Non Réfléchi
Jean me regarde
Jean te regarde
Jean te regarde

Réfléchis
Je me regarde
Tu te regarde
Il se regarde

=> ici on cherche à souligner qu'il y a vraiment une différence morpho syntaxique entre les déterminants déictiques et les autres.

Les déterminants possessifs (mon, ton, son) = anaphorique
*« De façon anaphorique » = faire référence à un nom ou un objet déjà mentionné.
Les mots marquent une connexion entre l'objet qui est possédé et le possesseur.
*Paradigme = toute la catégorie des déterminants possessif

Pronoms possessifs (le mien, le tien, le sien) = Substitue du nom
Relation à la fois anaphorique et déictique
→ l'objet possédé va toujours être mentionné avant (fonctionnement anaphorique) en revanche pour le possesseur qui est marqué par m- t- (1ere et 2e personne) il va etre accessible dans la situation d'énonciation (valeur/emploi déictique)

COD et COS

Jean te/me voit
= COD
Jean te/me donne un livre
= COS
Jean le voit
= COD
Jean lui donne un livre
= COS

GN indéfini
On a souvent besoin d'un plus petit que soi
= réfère de manière générale, générique
On frappe à la porte
= Pronom indéfini, ici il est indéterminé

Le datif (COD) éthique s'interprète comme une invitation directe au destinataire qui est littéralement prise à témoin
On le rencontre souvent dans les phrases exclamatives ou dans des constructions appréciatives et il se combine avec les autres types de datif
→ c'est un ajout qui donne de l'expression à la phrase.

II] Dans le champ du Temps

On emploie le mot procès pour caractériser le sémantisme propre à la catégorie du verbe et pour éviter toute équivoque avec la catégorie des noms.
= Ce à quoi un verbe fait note, ce à quoi il réfère
Peut être
–      Désignateurs absolus
Le 14 juillet 1789
–      Désignateurs déictique
Aujourd'hui, hier, maintenant, le lendemain, 3 jours plus tard

2 marqueurs pour exprimer le temps
–      Les temps verbaux = les morphèmes de temps lié à la catégorie du verbe
–      Les compléments circonstanciels lié au lexique nominal

* morphèmes = la plus petite unité qui a un sens

Les temps/morphèmes verbaux

Je         travaille
Tu        travailles
→ morphème du présent de l'indicatif verbe du premier groupe et la base verbale travail

On parle de morphèmes temporels mais aussi des aspects
Les morphèmes Aspectuo-temporels du verbe = Obligatoire
Toutes phrases du français est obligatoirement constitué d’un pivot central
Les morphèmes temporels sont en nombre finis, en revanche les Compléments Circonstanciels sont accessoires dans une phrase mais peuvent être en nombre illimité.
=> Ils déterminent un point précis ou une durée sur l'axe du temps.

Ainsi les différentes manières de représenter le passé (imparfait passé simple)
 Dans le système verbal du français on a de la régularité qui fait la différence entre temps simple et temps composé

Etiquette formelle                   Aspectuelle   
Les temps simple        =          non accomplis           
Temps composés        =          accomplis ; construit l'antériorité par rapport à un repère

A 17h, Jean finissait son livre
L'imparfait étant un temps simple il n'est pas concerné par le 2e aspects
A 17h, Jean avait fini son livre
→ Décalage d'antériorité
Pas besoin d'un CCT pour qu'il y est ce rapport d'antériorité

mardi 13 décembre 2016

Français Moderne - La Situation d'Enonciation

La Situation d’énonciation

La Linguistique structurale (proposé par F. Saussure) a pour objectif d'analyser la Langue, elle envisage cette langue dans une série de règles (morphologie phonétique) - toutes ces règles ont pour but de former une langue naturelle - elle s’intéresse à tout ce qui touche au code c'est à dire tout les fondements d'une langue.
→ La Parole est un acte de communication qui se rapporte à l'énonciation.

*Jakobson considère que toute communication est prise en charge d'un côté par un locuteur

                                    Code
                                    Message
            -------------------------------- le locuteur
                                    Le canal
                                    Le contexte

*Benveniste : « L’énonciation est une mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d'utilisation par lequel le locuteur convertit la langue en discours. »
Avec la pragmatique (domaine des sciences du langage ou analyse des sciences du discours) on va prendre en considération un autre versant de l'analyse linguistique, c'est-à-dire celle qui considère toutes les instances du schéma de communication.

L'énoncé = acte d'une trace de communication verbale
*Pour Ducrot, l'énonciation est un événement constitué par l'apparition d'un énoncé, la mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d'initiation

*Maingueneau : énoncé → la parole
« L'Etat c'est moi » de Louis XIV
Thématisassions = mise en évidence du thème de la phrase par la mise en valeur du mot 'Etat', grâce à l'utilisation de la tournure emphatique 'c'est moi' ce qui permet d'associer les mots 'Etat' et 'moi'
Laissé de côté la perceptive énonciative serait une analyse marginale, on tronquerait l'analyse linguistique d'une grande partie de son fonctionnement naturel.

Le moi ou le je sont des marques de langage, pour prendre en charge le locuteur d'un discours
[Pour vraiment prendre en compte la situation d'énonciation dans le milieu journalistique il est essentiel de prendre en compte le cadre temporel et géographique]


Extrait Si le grain me meurt d'André Gide, 1926
L'imparfait est un marqueur temporel :
« Je ne revois en moi » « On m'emmenait » «je m’élançais » « on oublia de me punir »
La Situation d'énonciation = référence spatial et temporel où est produite l'action
→ Référence au souvenir = énonciation coupée du présent
« Son récit aide à mon souvenir » « je me souviens très bien » « et je crois »
(!) distinctions entre souvenir et moment d'écriture


Extrait Enfance de Nathalie Sarraute, 1983
Elle n'évoque pas vraiment le souvenir
C'est d'abord le moment de l'écriture mais certains verbes font référence aux souvenirs « [...] qu'on disait à l'école communale »
Ambiguïté avec le souvenir : « J'ai dû voir » « Je me suis mise à la recherche »