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" La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse; la vieillesse est le temps de la pratiquer."
Rousseau

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jeudi 22 décembre 2016

LMLC - Chap 5 Du Moyen Français à la Renaissance

Chapitre 5 – Le Moyen Français et le français de la Renaissance


I] La Diffusion de l'appareil judiciaire, le recul des scriptas et la diffusion du Français Commun


A. Un Français commun vite répandu 

Dans le nord de la France, le remplacement des chartes latines par des chartes écrites en langue d'oïl ne s'amorce qu'à partie de l'extrême fin du XIIe siècle.
è Les administrations locales ont progressivement remplacé les différentes scriptas locales par un français de moins en moins teinté de traits régionaux.
Le processus s’accélère de plus en plus par la suite dans tout le domaine d’oïl.
Dans le sud de la France, les scriptas d’Oc resteront pendant longtemps majoritaire.

Le français commun s’est formé dans sa forme écrite dans les régions centrales du domaine d’oïl par élaboration savante, avec une base sociale (la langue dite du pouvoir, mais filtrée par les clercs à l’écrit)
C’est surtout à partir du XIVe siècle que l’on peut soutenir que le français qui s’est répandu est celui de Paris.

B. Disparition des traits dialectaux

Dans les provinces les plus proches de Paris on assiste à un abandon plus précoce des scriptas locales.
Exemple : Les chartes produites en Champagne ne peuvent plus être distinguée de celles de Paris d’un point de vue linguistique. De même pour l’Orléanais au milieu du XIVe siècle, la Touraine et les provinces du Nord-Ouest également (Bretagne, Anjou, Maine)
Les traits dialectaux disparaissent presque complètement dans le dernier quart du XIVe siècle.
Dans les provinces les plus éloignées, ces traits disparaissent au cours du XVe siècle.

ð  Le français commun se répand très rapidement au cours de la période du moyen français 

II] Les traductions, la re-latinisation de la langue et la première réflexion sur le français


A.    L’essor de la prose

Les premières œuvres françaises en prose apparaissent au tout début du XIIIe siècle.
Ce n’est qu’au XIVe siècle, à quelques exceptions près, que la prose commence à être utilisée pour des œuvres sérieuses, de réflexion (celles-ci n’étaient composées qu’en latin, les vers, avec les contraintes de la rime, la prose étant réservé aux œuvres de fiction, moins vraies.)
Les étapes décisives durent les traductions d’œuvres latines composées notamment sous les règnes de Jean le Bon et surtout de Charles V, dit le Sage.
Ces souverains éclairés commanditèrent à des clercs des translations (comme on disait à l’époque) d’œuvres latines, classiques et médiévales, pour qu’elles furent accessible aux élites laïques.

Grands traducteurs :
-          Raoul de Presles La Cité de Dieu de Saint Augustin
-          Nicole Oresme, grand traducteur d’Aristote

Le grand mérite de ces traductions est d’avoir développé une réflexion sur la langue française et d’avoir introduit un grand nombre de mots latin en français par voie savante.

B.     Réflexion sur la Langue Française

Tout en traduisant, ces traducteurs ont réfléchi aux différences Langue Latine/Langue Française.
*glose = commentaire des traducteurs au sein des œuvres traduites
Dans les gloses et les prologues, les traducteurs faisaient remarquer qu’il était impossible de traduire mot à mot les œuvres latines et qu’il fallait développer les phrases pour les rendre compréhensible aux lecteurs.

On remarque alors une tendance qui se développera de plus en plus à la fin du XIVe siècle et surtout au cours du XVe siècle : la tendance à écrire des phrases longues, liées entre elles par de nombreux connecteurs logiques de toute sorte, qui sont parmi les traits marquant de la prose du moyen français, plus l’emploi massif de prépositions.

(!) la diffusion de la relative variable en genre et en nombre lequel en moyen français = beaucoup utilisé ; apparu en ancien français, il est employé de façon régulière au XIVe siècle (plus qu’aujourd’hui)

C.     Lexique

Les traducteurs devaient traduire des textes de l’Antiquité, et se retrouvait devant l’impasse de la langue sur des notions pour lesquelles ils n’avaient pas les mots.
Ils sont donc allés chercher les mots qui manquaient dans les textes latins qu’ils traduisaient. (le plus souvent en ne les francisant que dans les suffixes)
è La moitié des mots français d’origine latine sont entrés dans la langue par voie savante et non pas par voie héréditaire. (À l’époque du moyen français)

Le fond primitif du lexique français trouve son origine dans le latin parlé qui a évolué spontanément vers le français en passant par différentes étapes : pour ces mots qui ne sont jamais sortis du bagage lexical des peuples gallo-romans, on parle de mots héréditaires.
Les mots d’origines latine mais qui, pour différentes raisons, avaient disparu de la langue parlée et qui ont été réintroduits à différentes époques en français par voie d’emprunt sont dit mots d’emprunt ou mots savants.
Ces deux classes de mots sont souvent reconnaissables de par leur forme même : les mots héréditaires ressemblent beaucoup moins à leur étymon latin, puisqu’ils ont subi ce qu’on appelle l’érosion phonétique : les mots d’emprunts gardent une grande ressemblance avec leur étymon puisque précisément, ont été pris tels quels et à peine francisés.

Le mot latin existait en réalité déjà en français parfois, mais l’évolution phonétique l’avait tellement modifié, en en changeant souvent aussi le sens, que ce mot ne pouvait plus être employé pour traduire le concept latin. Ainsi il existe des doublets en français, c’est-à-dire deux mots qui diffèrent plus ou moins selon le cas, dans la forme et dans le sens mais qui ont la même étymologie. (l’un est le mot héréditaire, l’autre est le mot d’emprunt)

Latin
Mot Héréditaire
Mot d’Emprunt
Calumnia
challenge
Calomnie
Fabrica
Forge
Fabrique
Mobile
Meuble
Mobile
Separare
Sevrer
Séparer
Adorare
Aorer
Adorer
Rapidu
Rade
Rapide
Veritate
Verté
Vérité
Mutare
Muer
Muter


Parfois le mot d’emprunt a fini par supplanter le MH (calumnia, rapidu, veritate)
D’autre fois, le MH est resté en français, mais ses dérivés sont des mots d’emprunt, et donc ont une forme savante, plus proche de la forme latine

Audire
Ouir → Auditif
Scola
Ecole → Scolaire, Scolastique
Lacrima
Larme  Lacrymal
Cane
Chien → Canin

Cf Histoire de la Langue Française – M.Huchon

Nombre de ces mots sont considérés encore aujourd’hui comme des mots savants, ou alors ils expriment des notions abstraites.
A cet époque on commence à utiliser le français à la place du latin dans des ouvrages de réflexion, le français auparavant était réservé à la littérature. Les mots qui désignaient des réalités abstraites, même s’ils avaient existé en latin, avaient disparu en latin parlé, puis en français (comme dans les autres langues romanes).

Quand les traducteurs introduisaient de nouveaux mots empruntés au latin, ils pouvaient les accompagner d’autres qui existaient déjà en ancien français, des synonymes donc, qui avaient en quelque sorte la fonction d’expliquer le mot d’emprunt : on appelle des synonymes juxtaposés, Binômes Synonymiques.
Dans quelques cas, les synonymes étaient ajoutés non seulement à côté des néologismes, mais aussi à coté de mots qui existaient déjà en français : ce procédé s’expliquait souvent, au début, par la nécessité de clarifier les mots.
è L’emploi des binômes deviendra par la suite une véritable habitude pour les écrivains du moyen français.
Des questions étymologiques entraineront la condamnation de ce procédé par les grammairiens du XVIIe siècle.


III] Le Français de la Renaissance : L’intervention de François Ier

Roi emblématique de la Renaissance française. Très cultivé et imbu de culture italienne (La renaissance Humaniste a commencé au XVe siècle en Italie), mécène, frère de l’écrivaine Marguerite de Navarre (Heptaméron), il a joué un rôle politique important contre l’autre grand monarque chrétien de l’époque, Charles Quint.

L’Ordonnance de Villers-Cotterets
= Édictée par François Ier en août 1539
→ vise à proscrire le latin des actes officiels (cela pouvait donner lieu à des malentendus) et remplacer l’occitan dans le Sud de la France, par le français
Introduction de la virgule
La seule langue proscrite serait le latin, et les langues autorisées seraient le français et les autres langues maternelles
Même si c’était un élément nouveau (l’occitan était encore toléré dans les actes officiels), les élites du Midi avaient petit à petit appris le français déjà.

L’ordonnance ne provoqua aucune réaction négative. Dans un sens, elle ne fit que sanctionner un état de fait, parce que la plupart des actes officiels étaient déjà rédigés en français aussi dans le Sud.

IV] Le Vocabulaire et les Grammaires


Le XVIe est le siècle de la réflexion sur le français.
Une réflexion sur le latin existait déjà mais elle ne concernait que la seule langue enseignée, le latin.

A. Les raisons d’une codification

Avant la codification du XVIe on ne peut pas parler de fautes
Cette notion était étrangère aux scripteurs médiévaux, la norme n’existait pas. Bien que des habitudes graphiques se soient imposées dans les différentes régions où l’on écrivait la langue d’oïl, dans les textes on peut trouver deux formes graphiques différentes pour un même mot à quelques lignes de distance. Précisément parce que les copistes étaient relativement libres de choisir entre plusieurs graphies.

Avec la découverte du véritable latin classique et du grec ancien, les grammairiens français commencèrent à comparer leur langue à ces grandes langues de culture.

On assiste à un premier purisme chez les grammairiens au XVIe siècle. Geoffroy Tory fit remarque : « non réglé, le français se pervertit de cinquante ans en cinquante ans » et que seule a codification peut retarder cette dégénérescence. L’influence culturelle de l’Italie était mal vue par nombre d’hommes appartenant à l’élite dominante traditionnel : Les reines Catherine de Medicis et Marie de Médicis avaient incorporé nombre de courtisans et artistes italien qui ont contribué à introduire certains mots italiens en français (arcade, corniche, cadence, concert, altesse, carrosse, courtiser…)

D’après les théoriciens de l’époque, c’était surtout au moyen de mots venant des parlers régionaux, comme on dirait aujourd’hui, ainsi que du passé du français, et non pas des langues anciennes et des langues étrangères, que le vocabulaire du français, qui était encore considéré comme pauvre, devait s’enrichir.
è Abrégé de l’art poétique Ronsard (1565) = sorte de manuel pour jeunes poètes qui portait dans son dernier chapitre, le lexique à employer dans les compositions poétiques.

B.     Hiérarchie grammaticale

Orthographia gallica = manuel de prononciation des lettres suivant leur place dans le mot
Le Donat Français commandité par John Barton, est le premier ouvrage de type grammatical qui porte sur le français et non pas sur le latin, il n’en reste pas moins très élémentaire. Cet ouvrage précède néanmoins de 130 ans avant l’éclosion de la véritable réflexion grammaticale sur le français.

La première véritable grammaire française a en effet paru en 1530.
è Publié pour la première fois en Angleterre car le français était étudié en tant que langue seconde selon de vieilles traditions.


Parmi les grammaires publiées en français
-          Le Tretté de la grammaire françoeze par Louis Meigret (1550)
(Essaie aussi d’introduire une réforme de l’orthographe)
-          Le Traicté de la grammaire francoise par Robert Estienne
-          La Grammaire de Pierre de la Ramée
(professeur d’éloquence, c’est surement le récit le mieux structuré, l’auteur y distingue étymologie qui correspond grosso modo à nos phonétiques et morphologie, et syntaxe)

Le souci de la hiérarchie des formes est de donner un paradigme cohérent.
Les grammairiens ont ainsi éliminé les apparentes anomalies et ont proposé des paradigmes de l’indicatif présent qui élimine les alternances vocaliques due aux déplacements de l’accent tonique.
Un grand nombre de formes analogiques ont ainsi fini par s’imposer, même si la langue a gardé quelques alternances étymologiques.

C.     Evolution par analogie

*Analogie = en tant que phénomène linguistique, c’est un processus selon lequel certaines formes linguistiques sont refaites sur le modèle d’autre formes : généralement les formes abandonnées sont moins employées et présentent des irrégularités ; inversement, les formes qui exercent une influence assimilatrice sont plus employées et régulières.
C’est donc un processus assimilateur pouvant être le fruit de l’évolution naturelle d’une langue ou, moins souvent, être imposé par les grammairiens.

Agit plus facilement qu’une forme moins employée : ainsi, le subjonctif imparfait, bien qu’il fût plus employé dans le passé qu'aujourd’hui, l’était moins que le passé simple – qui, lui, était très employé, alors qu’il ne l’est pratiquement plus de nos jours.  

LMLC - Chap 4 Déclinaison des Adjectifs



Chapitre 4 -             La Déclinaison des Adjectifs

 

I] Les Adjectifs de la 1ere Classe

(Variable en Genre → Biformes)
Tout les participes passés ont une Dentale éthymologique qui vient du latin, elle chute en ancien français
(!)  amé
indéfinis: tot


Masculin
Féminin
Masculin
Féminin
CSS
Toz

Tote
Nus
Nus/nul
CRS
Tot
Nul
pour les objets indirects = nului
Nul

CSP
Tuit
Totes
nul
Nus
CRP
Toz
nus
Nus

II] Les Adjectifs de la 2e Classe

Invariable en Genre → uniforme

A. CSS en -s au masc

Les Adjectifs en -t comme grant ; tort → affriquée -z
Tout les adjectifs en -l : lorial, tel, quel, vil, mortel, cruel, gentil... se vocalisent -x


Masculin
Féminin
CSS
Teus/Tex
Teux/Tex
CRS
tel
Tel
CSP
tel
Teus/tex
CRP
Teus/tex
Teus/tex

Adjectifs en -ant -ent : vaillant, amant, chant,
participes présents

B. CSS sans -s au masculin


Masculin
Féminin
CSS
Povre(s)
povre

CRS
Povre
CSP
Povre
povres

CRP
Povres

III] Les adjectifs de la 3e Classe

Alternance de Base

B1
B2
Neutre
Mieudre
Meillor
Mielz
Mieulz
Mendre
Minor
Meins
Moins
Fel
Felon

Graindre
Greignor

Pire
Peior



Cas Particulier

-x masculin invariable x,s,z

Masculin
Féminin
Douz | douz    
douz | douz 
  
lons | lonc    
lonc | lons    

Larges |Large    
Large | Larges    

Cortois | cortois    
cortois | cortois     

Fers |fem
Fem |fers 
douce
douces

longue
longues

Large 
Larges

Courtoise
Courtoises

Ferme
Fermes


Frere(s) mortex           Frere mortel
Frere mortel                Freres morteus/mortex

Teus/tel maniere         Tel maniere
Teus manieres             Teus manieres

suer loial                     seror loial
serors loiax                 serors loiax

forz amors                   fort amor
                forz amors

pire cous                     peior coup
peior coup                   peiors cous

vaillanz pute               vaillant putain
vaillanz putain            vaillanz putains
→ affriquée


LMLC - Chap 3 Déclinaison Nominale

Chapitre 3 -             La Déclinaison nominale 


Le Cas Sujet
= Nominatif et Vocatif
→ 1ere personne du singulier, complément du sujet et apostrophe
Le Cas Régime
= Accusatif, Génitif, Datif, Ablatif
→ les compléments (de lieu, de temps, du nom..)

En Ancien français la variation du nom se fait en fonction du genre (masc./ Fem.), du nombre (sing ou plu), et du cas (régime ou sujet).
L'ancien français n'a conservé que 2 cas sur les 6 cas latin: le cas sujet et le cas régime
→ l''unique morphème résidentiel est le -s.

I] Les substantifs Masculins

il y a 3 classes:
        Les Cas Sujet Singulier des 1ere Classe: avec un -s
= très grande majorité des masculins
(mots qui ne se finissent pas en -re)
        Les Cas Sujet Singulier des 2e Classe : sans -s
(mots qui se terminent par -re)
        Masculins à deux bases:

B1
B2
sire(s)
ber
compain(s)
emperere
huem
cuens
seignor
baron
compagnon
empereor
hom(e)
conte


Formation d'une affriquée

L’adjonction du s de flexion provoque dans un certain nombre de cas une modification du radical, de la base.
→ lorsque les mots se terminent par un certain phonème, cela va changé le sens du mot
Lorsque notre base se finit par une dentale (-d -t -n) l'adjonction du -s de flexion provoque la formation d'une affriquée → -z

l'adjonction du -s de flexion dont la base se finit en 'l' provoque la vocalisation du 'l' en 'u'

II] Les substantifs féminins

(!) amor = féminin

B1
B2
Suer
none
pute
morgue
Serour
nonain/nonein
putain
morgain


Rappel d'Analyse
         Afriqué = [s] devenant [z]
        Vocalisation du [l] en [u] (!) à faire remarquer si ce n'est pas le cas
        abréviation graphique [x] au lieu de [us]
        Effacement de la consonne final à cause de l'affiliation par le [s]

(!) tout les mots se finissant par s, z ou x sont indéclinable

Décliner =  genre (masc, fem), classe (1 ou 2), cas (Singulier ou Régime)
        Compains
Masculin de 3e classe, CSS
compains        compagnon
compagnon     compagnons
        cop
Masculin de 1ere classe, ici CRS
cos       cop
cop      cos
        sires
Masculin, c'est l'autre base de seignor donc de 3e classe, CSS
sire(s)              seignor
seignor            seignors
        dame
Feminin de 1ere classe, ici CSS
dame               dame
dames              dames


LMLC - Chap 2 Dialectes et Scriptes

Chapitre 2 -             Dialectes et Scriptes


I] Présentation


Au Moyen Age le territoire de la France était divisé en 3 parties: Nord de la Loire = Langue d'oil; Sud de la Loire = Langue D'oc; Provence médium de France; Franco-provençal (p12)
*En Oc on retrouve des poésies de Troubadours.

La différence entre dialecte et langue c'est l'intercompréhension.
→ 2 dialectes d'une même langue peuvent se comprendre
Alors que 2 langues ne se comprennent pas.

Pour étudier ces différentes langues on utilise les Scriptas (= formes écrites des variétés différentes des grands domaines linguistique médiévaux). On peut identifier tout les textes jusqu'à fin 13e
Au sein des Scriptas on aura des formes commune et des formes propres à chaque dialecte.

II] Analyse linguistique des principales scriptas du domaine d'Oil


A. La Scripta Anglo-Normande


Guillaume Duc de Normandie en 1066 envahit le territoire d'Angleterre
On ne parle pas de Substrat ou Superstrat parce que la langue n'est pas totalement influencé.
On parle d’abstract = l'influence d'une langue sur une autre sans l'assimiler
On parle d'Anglo-Normand parce que chacune des deux langues influence l'autre mais sans la substitué.

B. Picard

=Nord de la France
En picard on a retrouvé énormément de texte parce qu'on avait énormément de scriptes dans cette région.

Çou = ce
sacent = sachent
sunt = sont
.iiii. = 4 ; .i. = 1
defaut = manque
tere, mes = terre
mencols = mesures


C. 1er français commun

C'est le dialecte qui vient d’Île de France
Le mot Français au XIIe siècle = celui qui est parlé en Île de France, et du coup c'est pour cela qu'on a appelé ça le Français à l'époque car il y a eu l'influence de la capitale sur tout le pays, c'était la langue parlé à la cours.
Le Français désignait alors la langue parlé par les dirigeants = sociolecte (un langage parlé par une certaine classe sociale)


mercredi 14 décembre 2016

LMLC - L'Ordre des mots


L’ordre des mots


La position du verbe, de sujet et de l’objet a radicalement changé depuis les passages Latin-AF puis AF – FM.
Nous sommes passé d’un verbe final à un verbe médian entre le sujet et l’objet.

L’AF est une langue de type V2 c’est-à-dire que le verbe se situe préférentiellement en 2e position

I] QUELQUES LOIS RYTHMIQUES DE L’ENONCE EN AF

-          Zone préverbale = qui doit être occupé par un élément tonique qui la sature)
-          Zone verbale
-          Zone Postverbale

La proposition commence par un élément tonique
è Les mots atones sont exclus de cette position
(il s’agit des prépositions, pronoms adverbiaux, ensemble des éléments de liaisons
( !) Les conjonctions de coordinations aussi mais attention l’AF peut toutefois les utiliser comme des adverbes également, notamment car
De même pour l’adverbe ne et les pronoms relatifs, bien que non prédicatifs, ils peuvent parfois saturer la zone préverbale.

Les interjections, exclamations et apostrophes sont considérées hors phrase = ne comptent pas car ils sont considérés en extra position
De même pour les adverbes de phrase qui ne saturent pas la zone préverbale et n’entraine donc pas d’inversion du sujet.

II] LE VERBE EN V2 (POSITION MEDIANE)

Il s’agit du type dominant dans les déclaratives. La proposition doit donc s’ouvrir sur en élément tonique qui peut occuper la fonction syntaxique de sujet, objet, CC..

1)      Ordre OVS
= la construction la plus ancienne (objet en tête de phrase)
Cet ordre permet de reprendre le thème d’une proposition précédente.
Cette structure indique donc que l’objet est le thème du discours, c’est-à-dire l’élément connu

On la retrouve dans les principales précédées d’une subordonnée, elle peut aussi être conditionnée par des facteurs métriques
Jusqu’au 12e siècle, cette structure = non marquée (progressivement l’objet va se placer à la droite du verbe – mettre l’objet nominal en tête est une mise en relief d’une opposition à partir du 13e siècle)

2)      Ordre CVO si S non exprimé puis SVO
Dès le 13e l’objet va se placer à droite du verbe, l’ordre VO se grammaticalise
En AF le sujet n’est pas obligatoire néanmoins et sa place est donc libre
Cette construction va s’imposer en MF le sujet va en effet progressivement se fixer à la gauche du verbe.
è L’ordre SV se grammaticalise au 14e siècle

3)      Evolution MF-FM
On constate en MF qu’il y a d’avantage de sujets devant le verbe, au point que parfois le V n’est en 2e position mais 3e
L’ordre SV commence donc à se mettre en place surtout au 15e siècle
Même s’il y a un complément en position 1 cela n’entraine plus la postposition du sujet derrière le V
L’expression du sujet place donc le verbe en 3e position.

>         Coexistence des 2 systèmes en MF

On passe donc d’une langue de type V2 à une langue SVO, en passant par une double grammaticalisation, d’abord l’ordre VO puis l’ordre SV
La fonction syntaxique devient ainsi liée à la position des mots dans la phrase

Evolution très rapide : langue V2 en AF → langue SVO en MF
(SVO est complètement grammaticalisé en FC)

Résumé
-          AF = Système V2
-          Ordre VO, toujours V2
-          Ordre SV + coexiste avec V2

-          Ordre SVO plus important que V2 

mardi 13 décembre 2016

LMLC - Chap 1 Du Latin à l'Ancien Français

Chapitre 1 -             De la Latinité tardive à l'Ancien Français


Latin parlé/ Latin écrit
            Le latin n'était déjà pas une langue stable → plusieurs latin
Du Latium on est à passé à un Empire qui regroupe l'Europe
Il a donc changé par l'influence des langues par lesquels il est entré en contact (différentes époques)
Latin = langue mère →  filles = Langues romanes qui viennent du latin parlé (Espagnol, Italien, Français, Roumain, Portugais)
L'empire étant vaste; les langues romanes ont évolué différemment
Le français est la langue la plus éloigné du latin

Trace du latin parlé
        inscription funéraire
        œuvre littéraire  Satyricon de Pétrone
        graffitis
        grammaires L'Appendix Probi Texte 1

I] les Gaulois et les Francs


Juste avant l'invasion romaine, le territoire était occupé par une population celtique que les romains appelaient les Galos (→ Gaulois) qui occupait donc la Galia (Gaule) - Ce n'était pas unifié mais une série de dialecte celtes.
Tout ce qu'on sait vient d'un livre écrit par César Guerre de Gaule
Le seul dialecte français qui vient du celte est le Breton

Les facteurs essentiels du passage du Gaulois au Latin
        pour communiquer avec l'ennemi
        supériorité intellectuel des romains
        traditions écrites pour l'administration

Influence de Substrat = celle qu'exerce la langue d'un peuple colonisé sur la langue d'un peuple colonisateur
(influence de la langue de base sur la langue de ceux qui envahissent)

Exemple: Le Celte de la Gaule sur le Latin parlé par les Romains, envahisseurs
*lexique issue du celte: le vocabulaire de la terre: Alouette, bouc, boue, bruyère, chèvre, dune, if, mouton, ruche, sillon, socle...
*morphologie: Lyon (en latin=Lugdunum)
*phonétique: [ü] → (y)

Le Latin, langue de l'église, s'impose par la christianisation mais entre le IVe et le Ve siècle a eu lieu les invasions barbares
        Les Francs Saliens en Belgique et Nord de la France
        Le centre de la Gaule était déjà occupé par les Burgondes (d'où vient le nom de la Bourgogne)
        Wisigoths (Pyrénées, Narbonne)

Clovis, le premier roi mérovingiens occupa toute la Gaule au milieu du 5e siècle, et en 496-498 se convertit au Christianisme et adopte alors la langue du culte; le Latin, et l'impose
S'installe alors une longue période de bilinguisme entre le Francique et le Latin qui reste très important par la faute de Clovis.
La premier roi de France de langue maternelle française = Hugues Capet (960)

Influence de Superstrat : influence qu'exerce la langue parlé par une population minoritaire mais colonisatrice sur la langue parlé par une population majoritaire mais colonisé avant d'être assimilé par celle ci
(influence des envahisseurs sur la langue de base )

Exemple: les barbares/francique sur le latin
 *lexique issue du Francique:
         guerre armement = épieu, fourreau, guerre, guet, heaume, haubert, frère
        corps habillement = échine, flanc, téton, écharpe, froc, poche, gant
        sentiments = félon, haïr, orgueil...
        couleurs = blanc, bleu, blond, brun, gris...
*morphologie:
les suffixe
-art -ard (fêtard, bâtard, flemmard..)
-aut -aud (Salaud, ribaud..)
*phonétique
influence du h aspiré (heaumes, hommes..)
→ prononciation particulière dans l'ensemble des langues romanes

diphtongues/Triphtongues = lorsque 2/3 sons vocalique sont prononcés dans la même syllabe

II] Attributions indirectes du proto-français


Le passage du Latin au français fut lent et graduel
Jusque vers 600 le latin maintient une certaine uniformité avec une compétence active des locuteurs
Puis on observe dans les Chartes la séparation des régions, des langues, de leurs provenances dans les compétences Passives jusqu'en 750-780

Les Gloses = Annotations

764 Charlemagne veut revenir à un forme de latin Classique
→ cela crée une plus grande distance entre le Français Vulgaire et les ecclésiastiques
donc FRACTURE
813 Concile de Tours = consiste à faire la messe en langue Romane Rustique (langue du peuple) pour que les fidèles comprennent
la Langue Romane Rustique = Tudesque (1ere fois nommé lors du Concile)
l'adjectif Roman:
        vient de romarum (= qui est propre à Rome et de ses habitants)
        langue parlé dans l'empire (A L'ouest) contrairement à la langue germanique parlé à l'est
        langue vulgaire au 12 et 13e siècle, s'opposant au Latin
        textes écrits en langue romane au 13e Roman d'Eneas
        finis par être un genre littéraire qui s'oppose à poésie, la Chanson de Geste... etc

III] Les 1er textes en français


1)      Serments de Strasbourg (p6-9)

Le partage de l'empire à la mort de Charlemagne
Louis 1er dit Le Pieux prend le pouvoir
817: il va promulgué un acte de succession pour donné l'ensemble de l'empire à Lothaire
Celui-ci fait la guerre à ses frères
Louis II =  langue tudesque (variété germanique)
Charles = langue romane (proto-français)
→ A ce moment on voit déjà si ces langues vont donné du français ou de l'allemand.

Lorsque les scribes de l'ancien français ont dû retranscrire les langues romane et langue tudesque ils se sont inspiré de l'alphabet latin mais certains sons n'existaient pas. (La prononciation change mais l'alphabet latin reste le même alors on ne sait pas comment retranscrire les mots/textes)
→ de l'ancien français à nos jours le graphisme est resté le même mais la phonique a changé
(toile [twal] → oi [oy] au 12e]
Les Scribes notent ce qu'ils entendent donc en fonction de l'époque, en fonction des scribes, on aura une retranscription différente.

2)      La séquence de Sainte Eulalie

on est encore dans du proto-français, c'est à dire en phase intermédiaire avec la langue française
En Syntaxe on s'interroge sur la place du verbe.