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" La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse; la vieillesse est le temps de la pratiquer."
Rousseau

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jeudi 22 décembre 2016

Éléments de Narratologie

Poétique des textes : éléments de narratologie
 

Source : Vincent Jouve, Poétique du roman, Paris, Armand Colin, 2014.

I - Rappel sur les structures du récit

- Bien distinguer :
- le récit : discours oral ou écrit qui présente une intrigue
- l’histoire : l’objet du récit, ce qu’il raconte
- la narration : l’acte producteur du récit, qui prend en charge les choix techniques (rythme, ordre, etc.)

1   Le narrateur et le narrataire
- il faut distinguer les personnes réelles (auteur et lecteur) et les instance fictives qui les représentent dans le texte (narrateur et narrataire)
- le narrateur est une voix : c’est la voix du récit.
- Son statut dépend de
            - sa relation à l’histoire : hétérodiégétique (non impliqué comme personnage), homodiégétique (impliqué comme personnage), autodiégétique (impliqué comme personnage principal)
            - le niveau narratif où il se situe : extradiégétique (le narrateur n’est pas dans un récit enchâssé), intradiégétique (le narrateur est objet d’un récit premier)

- 6 fonctions principales du narrateur :
a) fonctions qui renvoient au fonctionnement du récit :
            - fonction narrative consiste à raconter. Elle est  explicite (« je vais raconter… ») ou implicite
            - fonction de régie  consiste à organiser le récit (analepses, prolepses, symétries, ellipses, etc.)
            - fonction de communication permet d’établir un contact direct avec le destinataire

b) fonctions qui renvoient à l’interprétation de l’histoire
            - fonction testimoniale renseigne sur le rapport affectif, moral, intellectuel que le narrateur entretient avec l’histoire
            - fonction idéologique lorsque le narrateur émet des jugements généraux sur le monde, sur la société et les hommes (recours au présent gnomique, à valeur intemporel)
            - fonction explicative permet de livrer des informations nécessaires à la compréhension de l’histoire.

2 les modes de la représentation narrative
- le « mode » renvoie aux procédures de régulation de l’information narrative

a la distance en fonction du degré de précision des informations fournies par le récit soit en ce qui concerne les événements, les paroles (ou les pensées)
- pour les événements :
            - procédés de proximité : effacement de l’instance narrative, descriptions précises (visualisation), mention de détails inutiles à l’intrigue
            - procédés de distanciation : résumé, substitution du commentaire aux faits
- pour les récits de paroles : échelle de la plus grande imprécision à la plus grande précision :
            - discours narrativisé : « Il lui apprit sa maladie »
            - discours transposé : « Il lui dit qu’il était malade »
            - style indirect libre : « Il l’informa sur sa santé. Il était malade »
            - discours rapporté : « Il lui dit : ‘Je suis malade’ »
            - discours immédiat (style direct libre) : Jean rencontra Paul. Je suis malade. Le malheureux ! pensa Jean »

bla focalisation
- répond à la question « qui perçoit ? »
            - focalisation zéro : point de vue du narrateur omniscient (focalisation sur aucun personnage, le narrateur en sait plus que le personnage)
            - focalisation interne : le narrateur adapte son récit sur le point de vue d’un personnage (restriction de champ et sélection de l’information, le narrateur en sait autant que le personnage)
            - focalisation externe : lorsque l’histoire est racontée d’une façon neutre, comme si le récit se confondait avec l’œil d’une caméra (le narrateur en sait moins que le personnage)

3 Temps
- Le temps relève des structures du récit car un narrateur peut consacrer plus ou moins de temps au récit de tel événement
- l’analyse narratologique du temps consiste à s’interroger sur les relations entre temps de l’histoire (temps raconté) et temps du récit (temps mis à raconter)

- le moment de la narration :
            - narration ultérieure : on raconte après
            - narration antérieure : récit au futur
            - narration simultanée : se signale par l’emploi du présent
            - narration intercalée : mixte de passé et de présent (cf. le journal intime)

- la vitesse porte sur le rythme du roman (accélérations et ralentissements)
            - la scène : coïncidence entre le temps que l’on met à lire et le déroulement de l’épisode
            - le sommaire : effet d’accélération
            - la pause : le récit se poursuit alors qu’il ne se passe plus rien (cf. les descriptions ou les commentaires)
            - l’ellipse : accélération maximale

- la fréquence renvoie au nombre de fois où un événement est raconté
            - mode singulatif
            - mode répétitif
            - mode itératif

- l’ordre s’intéresse aux rapports entre l’enchaînement logique des événements et l’ordre dans lequel ils sont racontés
            - récit linéraire en cas d’homologie entre les deux
            - récit non linéaire en cas de discordances liées à des « anachronismes » narratives : prolepses (anachronismes par anticipation) ; analepses (anachronismes par rétrospection)



II. l’analyse de la description

- Ne concerne pas à proprement parler la narratologie (comme étude des structures du récit)
- pour Philippe Hamon l’analyse de la description se ramène à l’examen de trois question : son insertion (comment s’insère-t-elle dans le récit ?) ; son fonctionnement  (comment s’organise-t-elle comme unité autonome ?); son rôle (à quoi sert-elle dans le roman ?)

1 l’insertion de la description
- la désignation du sujet décrit peut se faire par :
            - ancrage (mentionner le sujet décrit au début du passage descriptif)
            - affectation (retarder l’indication du sujet décrit, qui pourra n’intervenir qu’une fois la description achevée)

- l’insertion de la description dans un récit est toujours délicate car risque d’apparaître comme une pause dans l’action. Les romanciers réalistes s’efforcent donc de naturaliser ces passages descriptifs :
            - le camouflage : masquer le caractère statique de la description en la dynamisant
            - la motivation : justifier la pause descriptive en la rattachant à la logique de l’histoire

2fonctionnement de la description
- deux macro-opérations
            - l’aspectualisation indique l’aspect de ce qui est décrit en mentionnant les propriétés (volume, taille, forme, couleur etc.) et les composants (éléments constitutifs)
            - la mise en relation précise le lien de l’objet décrit avec les autres objets du monde
- soit par assimilation (rapproche l’objet décrit de réalités plus familières, par comparaisons, métaphores, reformulations) ;
- soit par mise en situation : indique la place de l’objet décrit dans l’espace et dans le temps

3 le rôle de la description
- principales fonctions (ou rôles) de la description dans un roman :
            - fonction mimésique qui donne l’illusion de la réalité
            - la fonction mathésique diffuse un savoir sur le monde
            - fonction sémiosique : toute description est porteuse de significations (rôle explicatif, évaluatif ou symbolique)
            - fonction esthétique : une description se rattache souvent implicitement à un courant littéraire (elle peut avoir un rôle ornemental)


mardi 13 décembre 2016

LMLC - Chap 1 Du Latin à l'Ancien Français

Chapitre 1 -             De la Latinité tardive à l'Ancien Français


Latin parlé/ Latin écrit
            Le latin n'était déjà pas une langue stable → plusieurs latin
Du Latium on est à passé à un Empire qui regroupe l'Europe
Il a donc changé par l'influence des langues par lesquels il est entré en contact (différentes époques)
Latin = langue mère →  filles = Langues romanes qui viennent du latin parlé (Espagnol, Italien, Français, Roumain, Portugais)
L'empire étant vaste; les langues romanes ont évolué différemment
Le français est la langue la plus éloigné du latin

Trace du latin parlé
–        inscription funéraire
–        œuvre littéraire  Satyricon de Pétrone
–        graffitis
–        grammaires L'Appendix Probi Texte 1

I] les Gaulois et les Francs


Juste avant l'invasion romaine, le territoire était occupé par une population celtique que les romains appelaient les Galos (→ Gaulois) qui occupait donc la Galia (Gaule) - Ce n'était pas unifié mais une série de dialecte celtes.
Tout ce qu'on sait vient d'un livre écrit par César Guerre de Gaule
Le seul dialecte français qui vient du celte est le Breton

Les facteurs essentiels du passage du Gaulois au Latin
–        pour communiquer avec l'ennemi
–        supériorité intellectuel des romains
–        traditions écrites pour l'administration

Influence de Substrat = celle qu'exerce la langue d'un peuple colonisé sur la langue d'un peuple colonisateur
(influence de la langue de base sur la langue de ceux qui envahissent)

Exemple: Le Celte de la Gaule sur le Latin parlé par les Romains, envahisseurs
*lexique issue du celte: le vocabulaire de la terre: Alouette, bouc, boue, bruyère, chèvre, dune, if, mouton, ruche, sillon, socle...
*morphologie: Lyon (en latin=Lugdunum)
*phonétique: [ü] → (y)

Le Latin, langue de l'église, s'impose par la christianisation mais entre le IVe et le Ve siècle a eu lieu les invasions barbares
–        Les Francs Saliens en Belgique et Nord de la France
–        Le centre de la Gaule était déjà occupé par les Burgondes (d'où vient le nom de la Bourgogne)
–        Wisigoths (Pyrénées, Narbonne)

Clovis, le premier roi mérovingiens occupa toute la Gaule au milieu du 5e siècle, et en 496-498 se convertit au Christianisme et adopte alors la langue du culte; le Latin, et l'impose
S'installe alors une longue période de bilinguisme entre le Francique et le Latin qui reste très important par la faute de Clovis.
La premier roi de France de langue maternelle française = Hugues Capet (960)

Influence de Superstrat : influence qu'exerce la langue parlé par une population minoritaire mais colonisatrice sur la langue parlé par une population majoritaire mais colonisé avant d'être assimilé par celle ci
(influence des envahisseurs sur la langue de base )

Exemple: les barbares/francique sur le latin
 *lexique issue du Francique:
–         guerre armement = épieu, fourreau, guerre, guet, heaume, haubert, frère
–        corps habillement = échine, flanc, téton, écharpe, froc, poche, gant
–        sentiments = félon, haïr, orgueil...
–        couleurs = blanc, bleu, blond, brun, gris...
*morphologie:
les suffixe
-art -ard (fêtard, bâtard, flemmard..)
-aut -aud (Salaud, ribaud..)
*phonétique
influence du h aspiré (heaumes, hommes..)
→ prononciation particulière dans l'ensemble des langues romanes

diphtongues/Triphtongues = lorsque 2/3 sons vocalique sont prononcés dans la même syllabe

II] Attributions indirectes du proto-français


Le passage du Latin au français fut lent et graduel
Jusque vers 600 le latin maintient une certaine uniformité avec une compétence active des locuteurs
Puis on observe dans les Chartes la séparation des régions, des langues, de leurs provenances dans les compétences Passives jusqu'en 750-780

Les Gloses = Annotations

764 Charlemagne veut revenir à un forme de latin Classique
→ cela crée une plus grande distance entre le Français Vulgaire et les ecclésiastiques
donc FRACTURE
813 Concile de Tours = consiste à faire la messe en langue Romane Rustique (langue du peuple) pour que les fidèles comprennent
la Langue Romane Rustique = Tudesque (1ere fois nommé lors du Concile)
l'adjectif Roman:
–        vient de romarum (= qui est propre à Rome et de ses habitants)
–        langue parlé dans l'empire (A L'ouest) contrairement à la langue germanique parlé à l'est
–        langue vulgaire au 12 et 13e siècle, s'opposant au Latin
–        textes écrits en langue romane au 13e Roman d'Eneas
–        finis par être un genre littéraire qui s'oppose à poésie, la Chanson de Geste... etc

III] Les 1er textes en français


1)      Serments de Strasbourg (p6-9)

Le partage de l'empire à la mort de Charlemagne
Louis 1er dit Le Pieux prend le pouvoir
817: il va promulgué un acte de succession pour donné l'ensemble de l'empire à Lothaire
Celui-ci fait la guerre à ses frères
Louis II =  langue tudesque (variété germanique)
Charles = langue romane (proto-français)
→ A ce moment on voit déjà si ces langues vont donné du français ou de l'allemand.

Lorsque les scribes de l'ancien français ont dû retranscrire les langues romane et langue tudesque ils se sont inspiré de l'alphabet latin mais certains sons n'existaient pas. (La prononciation change mais l'alphabet latin reste le même alors on ne sait pas comment retranscrire les mots/textes)
→ de l'ancien français à nos jours le graphisme est resté le même mais la phonique a changé
(toile [twal] → oi [oy] au 12e]
Les Scribes notent ce qu'ils entendent donc en fonction de l'époque, en fonction des scribes, on aura une retranscription différente.

2)      La séquence de Sainte Eulalie

on est encore dans du proto-français, c'est à dire en phase intermédiaire avec la langue française
En Syntaxe on s'interroge sur la place du verbe.


Français Moderne - La Situation d'Enonciation

La Situation d’énonciation

La Linguistique structurale (proposé par F. Saussure) a pour objectif d'analyser la Langue, elle envisage cette langue dans une série de règles (morphologie phonétique) - toutes ces règles ont pour but de former une langue naturelle - elle s’intéresse à tout ce qui touche au code c'est à dire tout les fondements d'une langue.
→ La Parole est un acte de communication qui se rapporte à l'énonciation.

*Jakobson considère que toute communication est prise en charge d'un côté par un locuteur

                                    Code
                                    Message
            -------------------------------- le locuteur
                                    Le canal
                                    Le contexte

*Benveniste : « L’énonciation est une mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d'utilisation par lequel le locuteur convertit la langue en discours. »
Avec la pragmatique (domaine des sciences du langage ou analyse des sciences du discours) on va prendre en considération un autre versant de l'analyse linguistique, c'est-à-dire celle qui considère toutes les instances du schéma de communication.

L'énoncé = acte d'une trace de communication verbale
*Pour Ducrot, l'énonciation est un événement constitué par l'apparition d'un énoncé, la mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d'initiation

*Maingueneau : énoncé → la parole
« L'Etat c'est moi » de Louis XIV
Thématisassions = mise en évidence du thème de la phrase par la mise en valeur du mot 'Etat', grâce à l'utilisation de la tournure emphatique 'c'est moi' ce qui permet d'associer les mots 'Etat' et 'moi'
Laissé de côté la perceptive énonciative serait une analyse marginale, on tronquerait l'analyse linguistique d'une grande partie de son fonctionnement naturel.

Le moi ou le je sont des marques de langage, pour prendre en charge le locuteur d'un discours
[Pour vraiment prendre en compte la situation d'énonciation dans le milieu journalistique il est essentiel de prendre en compte le cadre temporel et géographique]


Extrait Si le grain me meurt d'André Gide, 1926
L'imparfait est un marqueur temporel :
« Je ne revois en moi » « On m'emmenait » «je m’élançais » « on oublia de me punir »
La Situation d'énonciation = référence spatial et temporel où est produite l'action
→ Référence au souvenir = énonciation coupée du présent
« Son récit aide à mon souvenir » « je me souviens très bien » « et je crois »
(!) distinctions entre souvenir et moment d'écriture


Extrait Enfance de Nathalie Sarraute, 1983
Elle n'évoque pas vraiment le souvenir
C'est d'abord le moment de l'écriture mais certains verbes font référence aux souvenirs « [...] qu'on disait à l'école communale »
Ambiguïté avec le souvenir : « J'ai dû voir » « Je me suis mise à la recherche »